Néréide et cortège marin, Ostie

Légende de Neptune et Amphitrite

Cette mosaïque ailleurs sur le web



La Néréide de cette mosaïque des Thermes de Neptune à Ostie est traditionnellement identifée à Amphitrite, car dans la salle voisine se trouve un Triomphe de Neptune, et l'on considère que c'est vers lui que se dirige la Néréide, guidée par le flambeau d'Hymen qui la précède. La déesse est mollement étendue sur une volute de la queue d'un hippocampe, ou cheval marin, qui se déroule en spirales. Elle a le genou gauche enroulé dans un voile, le pied gauche posé sur la queue de l'animal, mais laisse au contraire pendre sa jambe droite nue. Elle tient de façon affectée de la main gauche l'extrémité d'un voile qui tourne derrière son dos en s'arquant et qui retombe sur l'avant-bras droit. Elle penche légèrement le visage vers la gauche. Aux bras et aux poignets, elle porte des bracelets qui en soulignent la rondeur.
La photo ne montre pas l'ensemble de la mosaïque ; on ne fait qu'entrevoir les Tritons entourant la Néréide et lui faisant cortège. Il y en avait quatre à l'origine, un de chaque côté. Celui du Sud (à droite), est aujourd'hui détruit. On aperçoit la queue serpentine de celui du premier plan, et, en haut de la photo, en position inversée, un autre qui joue du tambourin.

Les mosaïques en noir et blanc sont caractéristiques de la manière d'Ostie. Le bicolorisme permet d'accentuer les modelés. Ainsi les détails blancs sur la queue noire du Triton au premier plan (la longue ligne et les petits traits qui en marquent les plis) rendent parfaitement la plastique du déroulement sinueux. De la même façon sont dessinés les seins et quelques plis charnus de l'abdomen de la Néréide, et l'anatomie du torse du cheval qui la porte. Le mouvement de celui-ci est fortement suggéré par les deux traits noirs fuselés qui constituent les longues nageoires à l'extrémité de chacun de ses sabots. La mosaïque se trouve in situ dans la salle A des Thermes de Neptune (REG. II, Is IV, 2). Les tesselles ont environ 1,5 cm de côté. Elle date des environs de 140 ap. J.C.

Bibliographie :
G. BECATTI, SCAVI DI OSTIA, IV, Mosaici e Pavimenti marmorei, Rome, 1961, nÉ 69, p. 47 et pl. CXXI, CXXXII, CXXXIV, et fig. 15 p. 48
J.R. CLARKE, Roman Black-and-White Figural mosaics, New York, 1979, fig. 31

Références dans mon catalogue : No. 12, pl. VI, VI