Triomphe de Neptune et d'Amphitrite, Constantine

Légende de Neptune et Amphitrite

Cette mosaïque ailleurs sur le web


Cette mosaïque représentant le Triomphe de Neptune et de son épouse, traditionnellement identifiée comme Amphitrite, vient de Constantine, en Algérie, et se trouve aujourd'hui au Musée de Louvre à Paris.

La composition est disposée en registres successifs. Dans la partie supérieure, le couple divin est debout sur un char tiré par quatre chevaux marins ; Neptune, debout, nu, un manteau gris-bleu passé sur l'épaule et le bras gauche, a la tête est légèrement tournée vers Amphitrite, à sa droite ; les deux coudes sont écartés du corps. Il tient un trident de la main gauche. Sa chevelure, sa barbe et sa moustache sont bleues ; ses cheveux, frisés et abondants, sont maintenus par un mince diadème blanc. Autour de la pointe des seins du dieu, des touffes d'herbes marines vertes ; derrière sa tête, un nimbe transparent. Son corps est brun rouge.

Amphitrite est également nue : son manteau rouge ne la couvre qu'à mi-cuisses ; il se retrousse en haut, laissant apparaître un revers bleu. Le corps de la déesse, plus blanc et plus élancé que celui de son époux, est légèrement tourné vers lui. Son bras gauche est passé autour des épaules du dieu, le bras droit est dirigé vers lui. Deux bracelets bruns sont passés aux avant-bras. Les cheveux bruns de la déesse, tirés latéralement de part et d'autre d'une raie médiane, sont rassemblés sur la nuque. Un diadème doré à trois pointes bleues est posé sur la chevelure, en arrière. Amphitrite porte deux boucles d'oreille bleues.
Deux putti, nus et ailés soutiennent au-dessus du couple un grand voile rouge à reflets roses gonflé en arc de cercle, qui transparaît derrière les nimbes.

Le char est jaune, avec la partie supérieure de la caisse en demi-cercle, bordée de noir. Les différentes parties du timon sont visibles derrière les coursiers. Les quatre chevaux marins, à la robe gris -bleu, sortent de l'eau cabrés, en hennissant ; les deux du centre sont tournés vers l'intérieur, les deux autres vers l'extérieur, sans la présentation systématique que l'on rencontre généralement sur les représentations tardives, qui découvrent l'axe du char. La partie inférieure de leur corps, en forme de serpents marins, émerge de l'eau en plusieurs replis. Le harnachement est représenté en détail et avec exactitude, différenciant les deux timoniers de leurs compagnons. Une phalère triangulaire jaune et brune est suspendue sur chaque poitrail, une autre, cordiforme, sur le frontal.

A la partie inférieure du panneau sont figurés deux bateaux, barques par leur dimension, mais plus proches des voiliers par certains détails. Plusieurs bittes d'amarrage sont visibles le long du bordage, et un large pavois court le long de la coque. Deux putti sont à bord, l'un à l'arrière assis, qui tient le gouvernail. L'autre, debout à la proue, pêche à la ligne. Un second navire, à droite, très refait, porte deux putti mal dessinés.

Sous ce registre, deux putti nagent, appuyés sur des dauphins. Chacun a les cheveux ceints d'une couronne tressée rose et rouge et tient à la main une guirlande de fleurs rouges serrée à chaque extrémité de façon à former un pompon gris.
Le fond du tableau est parsemé d'animaux marins et de poissons. La mer est représentée par des traits chenillés parallèles. Sous les deux navires sont dessinés les remous du sillage, comme sous les nageurs et derrière les dauphins.

Détails techniques :
Cette mosaïque a été trouvée à Constantine en 1842 sur la colline de Koudiat Ati, dans les restes de ce qui pourrait être une grande villa, dans un oecus. Elle date du 1er quart du IVe s.
La mosaïque entière fait 8 x 36 x 7,14 m. Le tableau central figuré mesure 3,10 x 1,96 m.
Les tesselles ont 8 mm de côté en moyenne. Pour le fond, on compte 225 cubes environ / dm2.
Elle est aujourd'hui au Musée du Louvre. Les mosaïques, déposées et transportées en France par Delamare en 1845, furent offertes par le colonel Noël à Louis-Philippe qui en fit don au Musée Royal. Elles sont entrées au Louvre en 1845. La partie figurée fut restaurée et exposée dans la galerie des Antiquités africaines, puis dans le "Musée Africain" du Louvre. Elle est actuellement exposée dans la salle des mosaïques. Le reste du pavement est en réserve. Assez bon état de conservation malgré des restaurations dans le détail. La mosaïque a été repolie.


Bibliographie :
F. BARATTE, Catalogue des mosaïques romaines et paléochrétiennes du musée du Louvre, Paris, 1978, p. 28 sqq, Ma 1880 et 60 fragments, fig. 17 et 18 p. 29, et fig. 23 p. 37
Références dans mon catalogue : No. 73 (Pl. LVIII)